
La Aurora, de la graine à la fumée
La plus ancienne marque de cigares de la République dominicaine a célébré son 122e anniversaire le 3 octobre.
Les cigares fabriqués par La Aurora sont le fruit d’une histoire familiale qui remonte à 1903. Cent vingt-deux ans plus tard, la troisième génération dirige l’une des plus grandes usines de cigares faits main des Caraïbes, toujours située au centre de l’île, à Santiago de los Caballeros.
La visite des installations est intitulée « De la graine à la fumée » (From Seed To Smoke), car elle permet de découvrir l’ensemble du processus de création d’un cigare, de la plantation de la graine dans les serres jusqu’à la dégustation. À chaque étape du processus, le visiteur est accompagné par un expert qui connaît intimement les spécificités de l’entreprise et les normes de la famille León qui dirige le groupe depuis plus d’un siècle.
Leoncio Cruz, responsable des opérations agricoles, nous montre les plants sous la serre de la ferme expérimentale de 2,5 ha. L’agronome explique qu’il faut 40 à 45 jours pour obtenir des semis vigoureux, « afin qu’ils aient une résistance suffisante une fois repiqués dans les champs ». Il détaille alors les nutriments essentiels qui influencent la fumée finale : l’azote (pour la saveur et la force), le phosphore, le potassium, le calcium et le magnésium (pour la combustion). Sous nos yeux, une partie des plants ont déjà été repiqués ; il s’agit des tabacs de cape, comme la cape Sabana 92 qui recouvre le cigare 120e anniversaire.
À proximité se trouve la ferme de 45 ha, dédiée à la culture du corojo et du carbonell (une variante de l’olor dominicano). Environ 20 % du tabac de La Aurora est importé des États-Unis, de Colombie, du Brésil, d’Équateur, du Mexique, du Nicaragua, du Pérou et d’Indonésie – essentiellement pour les capes.
« La saveur est une mémoire »
Dans l’une des salles de séchage, Manuel Inoa, maître assembleur de La Aurora, nous attend pour une dégustation privée permettant à chacun de choisir son propre mélange de tripe. Les variétés à déguster sont le cubita suave, le nacional seco, le nicaragua viso et le corojo ligero fresca. « La saveur est une mémoire », explique Inoa dans un anglais parfait, sans traduction nécessaire. Tout en apprenant à percevoir les nuances de la feuille pure, il explique les avantages de chaque variété de tabac et leur influence sur le résultat final et les sensations de fumée.
Puis vient la visite de la manufacture, où s’exprime le savoir-faire des maîtres assembleurs et des rouleurs. Généralement, dès le deuxième ou le troisième des cinq cigares à fabriquer, chacun aura maîtrisé certaines techniques nécessaires pour que le produit passe les contrôles de qualité minimum.
Daniela Cruz Gil, correspondante à Santiago de Los Caballeros (Rép. dominicaine)
Photos : © La Aurora / Procigar
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