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Cuba prêt à indemniser les Américains expropriés après la révolution

Par La rédaction,
le 23 mars 2026

L’ensemble du secteur du tabac a été nationalisé au début des années 1960, donnant lieu à une vague d’émigration et à la naissance des industries dominicaine, nicaraguayenne et hondurienne.

 

Le gouvernement cubain est prêt à indemniser les Américains dont les biens ont été nationalisés après la révolution de 1959, affirme le vice-ministre des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio, au site américain Drop Site News.

Si accord il devait y avoir, il s’agirait d’une indemnisation forfaitaire ; Cuba verserait l’indemnisation aux États-Unis, qui se chargeraient ensuite du traitement des demandes. Mais un tel règlement devrait s’inscrire dans un accord global plus vaste. Cet accord prendrait en compte les sanctions et le blocus américains et autoriserait également un certain nombre d’investissements américains à Cuba, auparavant interdits, précise le responsable cubain.

Le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a confirmé la semaine dernière que son gouvernement était en « discussions » avec les États-Unis. « Le but de ces discussions est, en premier lieu, d’identifier les problèmes bilatéraux qui nécessitent une solution, en tenant compte de leur gravité et de leur incidence » et de « trouver des solutions à ces problèmes », a ajouté le président cubain sans donner davantage de détails.

Après la révolution, détaille le site américain, Cuba a négocié des accords d’indemnisation forfaitaires avec des pays comme le Canada, la Suisse, le Royaume-Uni, l’Espagne et la France. Les États-Unis, quant à eux, ont refusé d’y participer. « Cuba a conclu des accords forfaitaires avec les six gouvernements dont les biens ont été nationalisés à Cuba. Tous ces accords prévoyaient des programmes d’indemnisation et tous ont été indemnisés, à l’exception des États-Unis », dit Carlos de Cossio.

 

Indemnisations pour le blocus

Près de 6 000 personnes physiques et morales américaines ont déposé des demandes d’indemnisation pour des biens nationalisés, selon les données du gouvernement américain et les estimations du secteur citées par Drop Site. Avec les intérêts, le montant total des demandes certifiées est désormais estimé à environ 9 milliards de dollars.

Mais le vice-ministre a ajouté que les compensations ne devraient pas être à sens unique. « Nous sommes prêts à dialoguer avec les États-Unis sur ces questions ; mais Cuba a également des droits », a déclaré Cossio à Drop Site. « Nous pensons que le peuple et la nation cubains ont besoin d’être indemnisés pour les dommages causés par le blocus économique, l’invasion, le terrorisme, les assassinats et les actes de violence perpétrés contre l’économie. »

Au début des années 1960, Fidel Castro a nationalisé l’ensemble de l’industrie cubaine, tabac compris. Les grandes manufactures havanaises — Partagás, H. Upmann, Romeo y Julieta, Montecristo — sont passé du jour au lendemain sous contrôle de l’État. Les familles propriétaires, parmi lesquelles les Cifuentes, les Menéndez ou les Garcia, ont été expropriées sans compensation et contraintes à l’exil. C’est de cet exil que naît l’industrie du cigare premium telle qu’elle existe aujourd’hui en République dominicaine, au Honduras et au Nicaragua.