Image

Les 100 ans de VCF recalés du Musée national belge du Tabac

Par La rédaction,
le 5 octobre 2026

Pour son centenaire, VCF (Oliva, Nub, Aliados…) souhaitait raconter au public un siècle d’histoire familiale et d’enracinement belge à travers une exposition au Musée national belge du Tabac de Wervik. La commune a refusé le projet, invoquant la législation anti-tabac. VCF regrette publiquement cette décision.

Cent ans d’histoire, mais pas d’exposition pour les raconter. C’est la situation dans laquelle se retrouve VCF, le groupe familial belge Vandermarliere, qui célèbre cette année son centenaire. VCF possède entre autres les marques Oliva, Nub, Aliados ainsi que les cigarillos J. Cortès.

Pour marquer cet anniversaire, l’entreprise souhaitait organiser une exposition au Musée national belge du Tabac, à Wervik (Flandre occidentale), afin de présenter au public l’histoire de la famille et de l’entreprise au cours du siècle écoulé. Mais le projet a été refusé par la commune.

« 100 ans d’histoire, sans avoir l’occasion de les montrer »

VCF a choisi de réagir directement sur ses réseaux sociaux. « 100 ans d’histoire, sans avoir l’occasion de les montrer », écrit la marque en introduction de son message reprenant un article de l’hebdomadaire local Krant van West-Vlaanderen (Journal de la Flandre occidentale).

VCF précise avoir espéré pouvoir présenter, à l’occasion de son centenaire, « le parcours de notre entreprise familiale au cours du siècle dernier : le savoir-faire transmis à travers les générations et les solides racines que nous continuons à avoir en Belgique ».

Mais le conseil communal a décidé de ne pas donner suite à sa demande, préférant faire preuve de prudence « à la lumière de la législation actuelle sur le tabac ». Une décision que VCF dit « sincèrement regretter ».

Un refus lié à la réglementation sur le tabac

Le sujet a été évoqué au conseil communal de Wervik par Sanne Vantomme (N-VA, parti nationaliste flamand), qui a regretté que la demande n’ait pas été acceptée. Elle a notamment rappelé qu’en 2013, le Musée national du Tabac avait accueilli une exposition consacrée aux cent ans de la marque Camel.

Mais le contexte réglementaire a depuis changé. L’année dernière, le Service public fédéral Santé publique s’était élevé contre des opérations de roulage de cigarettes organisées lors d’un événement consacré au tabac. Le bourgmestre de la commune avait été auditionné à Bruxelles et menacé de sanctions.

C’est dans ce contexte que la municipalité affirme avoir voulu éviter tout risque au regard de la législation. « Nous avons pris cette décision par souci de prudence et par respect de la législation », explique Geert Bossuyt (Vooruit, parti social-démocrate néerlandophone), échevin du Tourisme. Il dit comprendre la déception de l’entreprise, mais aussi celle des collaborateurs du musée. « L’objectif était de raconter l’histoire d’une entreprise familiale locale qui est devenue un acteur historique », explique-t-il.

Son collègue Youro Casier (Vooruit) adopte la même position : « Nous ne voulons pas prendre le risque d’enfreindre la législation. »

Une histoire industrielle profondément ancrée à Wervik

La déception de VCF est d’autant plus compréhensible que l’histoire de Vandermarliere est étroitement liée à celle de l’industrie du tabac de la région. La famille Vandermarliere avait notamment repris Gryson, qui avait elle-même repris la fabrique de tabac Arvic, à Wervik. La production était installée dans la Menensteenweg.

Pour VCF, le refus de l’exposition signifie donc que cette histoire restera, pour l’instant, largement confinée à l’entreprise et à ses archives.

« Pour l’instant, l’histoire de 100 ans de savoir-faire, d’entrepreneuriat et de racines belges reste inconnue du grand public », déplore la marque dans son message. Elle ajoute toutefois que cette histoire constitue une source de fierté pour l’entreprise et pour l’ensemble de ses salariés à travers le monde.

L’affaire pose une question plus large : jusqu’où les restrictions portant sur la communication et la promotion des produits du tabac doivent-elles s’appliquer lorsqu’il s’agit de patrimoine industriel et historique ?

La commune de Wervik a choisi la prudence juridique. VCF, de son côté, estime qu’une exposition consacrée à son histoire aurait avant tout permis de présenter un siècle de savoir-faire et l’évolution d’une entreprise familiale belge.