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Crise énergétique à Cuba : le cigare épargné par les mesures d’urgence

Par La rédaction,
le 9 février 2026

Considérée comme une priorité nationale au même titre que le tourisme, la production de cigares n’est pas concernée par les rationnements.

Le secteur du tabac, notamment les cigares d’exportation, sera protégé dans la distribution du carburant, car il génère des devises essentielles, a affirmé le vice-Premier ministre cubain lors d’une interview télévisée au cours de laquelle il a annoncé une série de mesures d’urgence pour faire face à la crise énergétique.

Invité de l’émission Mesa Redonda (Table Ronde) sur la télévision nationale vendredi soir, Óscar Pérez-Oliva Fraga a annoncé, entre autres, une réduction de la semaine de travail à 4 jours (lundi-jeudi) dans les entreprises publiques, un rationnement du carburant à la pompe, une réduction de l’offre de transports publics et une concentration de l’activité touristique sur les sites les plus rentables.

Les autorités cubaines ont par ailleurs informé ce dimanche les compagnies aériennes qu’il n’y aurait plus de ravitaillement en kérosène dans l’île à partir de ce lundi soir et pendant un mois ; les vols longs courriers devront donc prévoir une escale technique pour se recharger en carburant.

 

« Activité économique indispensable »

Mais le secteur du tabac, considéré comme une « activité économique indispensable » sera prioritaire dans la distribution du carburant. Autrement dit, le gouvernement fournira de l’essence au tourisme et aux secteurs exportateurs, dont la production de cigares. « Les activités qui génèrent des devises seront protégées », a dit le ministre avant d’ajouter : « Si nous n’avons pas de revenus, nous ne pourrons pas surmonter cette situation ».

La plupart des manufactures de l’île sont dotées de groupes électrogènes et/ou de panneaux photovoltaïques censés prendre le relais en cas de coupure du réseau électrique général. La filière a également besoin de carburant pour le transport des matières premières vers les sites de traitement et de production.

Après avoir tari les livraisons depuis le Venezuela à la suite de la capture du président Nicolas Maduro début janvier, Donald Trump a signé la semaine dernière un décret indiquant que les États-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane. Dans une conférence de presse vendredi, le président cubain Miguel Díaz-Canel a accusé Donald Trump de vouloir « asphyxier » l’économie de l’île.