Corleone, le plus sicilien des cigares !

« Un doigt levé à tous les diktats ! » Ni plus ni moins. C’est le concept tranché d’Alexandre Elami, producteur de musique mais aussi, depuis peu, producteur des cigares Corleone, fraîchement arrivés sur le marché…Nous l’avons rencontré

L’Amateur de Cigare : Vous avez donné le prénom de votre grand-père à votre entreprise, Mario Intl. Tobacco. Est-ce de lui que vient votre passion pour le cigare ?

Oui. Mais tout le monde « pratiquait » le cigare chez moi. Une vraie histoire de famille : grand-père, grand-mère, oncles, tantes… Les repas se terminaient dans les volutes. On se voyait peu, mais lorsque cela arrivait, c’était très convivial. C’est Mario qui allumait son cigare le premier. Ensuite, tout le monde suivait, les oncles, les cousins…

 

L’ADC : Pourquoi « Corleone » ?

C’est un clin d’œil à l’Italie et à la Sicile, d’où ma famille est originaire. Ce fut un travail de longue haleine. J’ai mis longtemps avant de développer le blend. J’avais déjà aidé à créer des cigares pour d’autres marques. Encore récemment, à Dortmund, on m’a demandé d’en assembler de nouveaux. Ce que je ne peux plus faire aujourd’hui : je suis à 100 % concentré sur Corleone.

 

L’ADC : Quelle est la genèse de vos blends

J’avais fait un peu le tour de ce qui se faisait en matière de cigares, sans jamais être totalement convaincu. C’est là que vous vous dites qu’il faut créer votre propre marque. Avec l’idée d’un produit accessible, à la puissance aromatique tout en contrôle. J’ai rencontré Marc Niehaus, propriétaire de Vegas de Santiago, une manufacture du Costa Rica. Il a aimé mon concept et nous nous sommes rencontrés plusieurs fois là-bas pour travailler les tabacs, la liga… Deux ans plus tard, nous avions un cigare, parfait à mes yeux.

 

L’ADC : L’ADN de Corleone ?

C’est un assemblage. Je pense que les grands équilibres naissent des assemblages. Comme pour un bon vin : on a très peu de grands vins, de champagnes, en mono-cépage. Avec les puros, d’une année à l’autre, le tabac peut ne pas être bon. Alors, j’ai préféré jouer sur les contrastes : cape et sous-cape d’Équateur – le pays qui fournit actuellement les plus belles capes au monde – et, pour la liga, un assemblage entre le Pérou, très aromatique, le Nicaragua (région de Jalapa) pour la puissance et du Saint-Domingue pour la combustion et l’arôme.

 

L’ADC : Le tout roulé au Costa Rica…

Il y a des dynasties de Cubains qui ont migré là-bas et qui roulent le cigare depuis des décennies – grands-parents, parents, aujourd’hui les enfants devenus adultes. Pour devenir torcedor et maîtriser son art, il faut des années de travail. Pour moi, c’est au Costa Rica que se trouve aujourd’hui la fine fleur du métier.

 

L’ADC : En tout cas, c’est un succès ! Comment expliquez-vous cet engouement pour Corleone ?

J’ai créé un cigare un peu différent, avec des modules singuliers, comme le Pizzino, du nom de ces petits bouts de papier que les mafieux utilisaient pour faire passer des messages. C’est un cigare très rapide, qui se déguste en trente minutes. Pour les copains pressés mais qui veulent fumer en fin de repas. Je ne voulais pas faire un cigare « de plus », mais quelque chose d’un peu unique, de visuel, avec un concept : un doigt levé à tous les diktats, tous les interdits ! Je voulais faire du cigare un geste politique. Personne ne peut m’interdire de fumer mon cigare où je veux, quand je veux…

 

L’ADC : Vos bagues sont très travaillées…

C’est mon ami architecte et designer Thierry Bonne qui s’y est attelé. Il a dessiné un grand L rouge qui représente ce fameux « doigt levé » et qui, pour certains, une fois penché, ressemble également à une arme. Et puis il y a de nombreux petits l blancs qui rappellent les dessins précolombiens. Le tout apparaît comme une empreinte reconnaissable au premier coup d’œil.

 

L’ADC : À qui s’adresse la marque Corleone ?

À tous les amoureux du cigare. Il y a un thème, un état d’esprit, qui séduisent, les femmes y compris. Énormément de fumeuses, membres de clubs, sont venues me voir pour me dire qu’elles appréciaient beaucoup les Corleone pour leur richesse aromatique, la mesure de leur puissance. Nous souhaitons toucher tous ceux et toutes celles pour qui le cigare reste une passion malgré une atmosphère proche de la prohibition.

 

Propos recueillis par Jean-Pascal Grosso

 

 

 

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