République dominicaine : les manufactures s’organisent

L’état d’urgence pour lutter contre le Covid-19 est prolongé jusqu’au 30 avril. Mais les fabriques commencent à rouvrir.

Hendrik Kelner (Davidoff) est le président de l’Association des producteurs de cigares de la République dominicaine (Procigar), qui regroupe les principaux fabricants de cigares faits main du pays.

 

 

 

 

Comment les fabriques de cigares dominicaines s’organisent-elles pour reprendre la production ?
Depuis le lundi 13 avril [après trois semaines de fermeture quasi-totale, ndlr], certaines fabriques ont entamé un processus de reprise progressive de la production, en respectant le protocole de protection des salariés formulé par l’Association dominicaine des zones franches (Adozona). Pour rouvrir, il faut par ailleurs une autorisation du Conseil des zones franches et des ministères responsables du respect des mesures sanitaires.

Quelles mesures sont prises pour les milliers d’employés qui ne peuvent pas travailler ?
Le gouvernement dominicain subventionne une grande partie de la population dominicaine selon différentes modalités, en fonction de la condition de l’employé (58% des emplois en République dominicaine sont informels). Ces programmes gouvernementaux couvrent 80% de la population ; ils comprennent des distributions de nourriture pour les plus pauvres, et sont conçus pour 60 jours (avril et mai). Les employés dotés d’un contrat et qui ne peuvent pas travailler recevront leur plein salaire : l’État couvre 70% du salaire jusqu’à une valeur maximale de 8.500 pesos dominicains (150 dollars US), et l’entreprise paie la différence.

Quelle est la situation dans les plantations ?
À l’heure actuelle, plus de 95% du tabac a été récolté. 35% de la récolte est en cours de séchage, et une partie est prête à être envoyée vers les manufactures. Plus de 60% des récoltes ont été reçues par les fabriques et sont en cours de fermentation. L’activité dans les plantations n’a pas été affectée, tout a été normal, il n’y a pas de cas d’infection connu, et les récoltes ont été de très bonne qualité et de bon rendement.

La plupart des pays consommateurs (États-Unis, Europe) sont confinés. Avez-vous constaté une baisse de la demande de cigares, ou au contraire une augmentation ?
Il est difficile d’avoir des informations complètes et fiables sur l’effet de la pandémie sur la consommation de cigares. De nombreux pays sont touchés et à des moments différents. Les spécialistes prévoient une réduction des ventes pour l’année 2020 de l’ordre de 30% pour les cigares faits main, mais cela dépendra de la durée de la pandémie. Pour les cigares faits machine, la baisse sera beaucoup moins importante car ces produits sont souvent plus faciles à acheter (magasins de proximité, supermarchés…) et à fumer. J’ai entendu, sans confirmation statistique, que le confinement entraînait une augmentation de la consommation d’alcool. Mais le cigare c’est un peu différent : pour en profiter et que le plaisir soit entier, il faut un environnement adapté, des conditions particulières, et bien souvent de la compagnie.

Propos recueillis par Daniela Cruz Gil, correspondante à Santiago de los Caballeros (République dominicaine)

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