Une nuit à La Havane (en plein Paris)

L’hôtel Montecristo – rhabillé à la mode cubaine et rebaptisé hôtel Eminente pour l’occasion – propose une escapade à Cuba, sans les vicissitudes du voyage à l’ère du Covid.

Se retrouver ailleurs, très loin même, en plein Paris, rue Pascal, au cœur du Ve arrondissement. Une aubaine pour les voyageurs longtemps cloués au sol en raison de la crise sanitaire. Les amateurs d’escapades cubaines en premier lieu. Ils peuvent se rattraper en passant une nuit, voire plusieurs à l’hôtel Eminente, une adresse éphémère abritée dans les étages du quatre étoiles Montecristo. On le repère de loin, grâce à un trompe l’œil qui reproduit une façade cubaine plus vraie que nature. La vieille Cadillac garée le long du trottoir renforce l’illusion d’avoir enfin rejoint La Havane, sans billet d’avion ni test PCR, juste avec un passe Navigo en poche.

Voilà pour le décor. Une fois la porte franchie, le visiteur a la surprise de se retrouver dans un Cuba un peu suranné et luxuriant avec ses plantes disséminées un peu partout. Même dans les chambres qui ont été accessoirisées avec des objets chinés pour l’occasion, valises anciennes, miroirs, lits à baldaquins… Un vrai bonheur pour amateurs de paladares (chambres d’hôtes cubaines) à l’élégance discrète.

Une cheffe cubaine formée chez Ferrandi

La fête se poursuit au bar 1803 où officie Adrian Nino, le mixologiste favori des amateurs d’eaux-de-vie de canne à sucre. Pour l’occasion, il a créé cinq cocktails (dont une épatante réinterprétation du daïquiri), en prenant pour ingrédient de base le rhum Eminente – que les amateurs de puros peuvent déguster sur la terrasse à l’air libre. Idéal avant un dîner cubain préparé par Annabelle Cantarero, une cheffe (formée chez Ferrandi, bigre !) qui a fondé à Cuba la Finca Tungasuk, une ferme agro-écologique où se pressent les fins connaisseurs de l’île, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de La Havane. Venue tout spécialement à Paris, elle mitonne un exquis menu traditionnel (poulpe grillé aux racines tropicales, maïs cubain revisité et œuf parfait, moros y cristianos, sandwich au cochon de lait écrasé de banane plantin, etc.). Que faire ensuite ? Repasser par la case bar est une option, rejoindre son habitación, une autre, à moins de faire les deux. Dans tous les cas, une certitude : la nuit est douce, voire muy caliente à l’hôtel Eminente.

Jean-Pierre Saccani

Hôtel Eminente
25, rue Pascal
75005 Paris.
Jusqu’au 12 décembre.
Réservations exclusivement sur staycation.co. A partir de 300 € la nuit


 

Eminente, le retour aux origines  

 

Créé par Julien Morel, Camille de Dominicis et Briac Dessertenne, avec l’appui de Moët-Hennessy, Eminente dénote dans la famille des rhums cubains. En raison de son origine et de son élaboration. Produit au centre du pays à Santo Domingo, un terroir de canne à sucre passé aux oubliettes par rapport à ses homologues des environs de La Havane et de Santiago, Eminente renoue ainsi avec les eaux-de-vie du XIXe siècle dont la complexité était bien supérieure à celle des rhums actuels.

Selon leur réglementation, les ron cubanos résultent de l’assemblage d’aguardientes et de rhums légers (ne pas se laisser abuser par ce terme, ils sont généralement distillés autour des 90 %). Dans le cas d’Eminente le pourcentage d’aguardientes monte à 70 % (contre 10 % chez les autres producteurs de l’île). En résulte, une eau-de-vie très aromatique à déguster pur, à l’instar d’un single malt ou d’un vieux rhum agricole. C’est César Marti, le plus jeune des dix Maestros Roneros de Cuba, qui signe ce nouveau venu au goût d’éternité.

 

Eminente Reserva 7 ans
Prix conseillé : 47 €
www.eminente.com

 

 

 

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