
Sylvain Tesson, des stacks et des cigares
Un an après Les Piliers de la mer, Sylvain Tesson publie avec le photographe Thomas Goisque un beau livre consacré à ses ascensions d’aiguilles rocheuses aux quatre coins du monde, au sommet desquelles il aime savourer un cigare.
En 2025, Les Piliers de la mer racontaient en texte l’aventure de Sylvain Tesson et Daniel Du Lac à l’assaut des stacks du monde entier – les stacks étant décrits par les géologues comme des « piliers d’érosion de recul de côte », autrement dit des sortes d’aiguilles rocheuses qui se forment en mer dans certaines conditions géologiques.
Petit détail qui compte : arrivé au sommet d’un stack, il n’était pas rare que Sylvain Tesson et son comparse récitent un texte… ou allument un cigare.
Dans l’album Stack, La traversée des mondes l’aventure se décline en photos. Les clichés sont signés Thomas Goisque et le beau livre contient également des textes inédits de Sylvain Tesson.
« Très souvent, avec mon compagnon de cordée, nous fumions un cigare, ce qui n’est pas complètement illogique, nous avait raconté l’auteur dans L’Amateur, n° 171 (avril 2025). Le cigare permet une certaine descente de la tension nerveuse. L’escalade des stacks est très dangereuse, l’accès vous exposant à la noyade et l’escalade à la chute. La roche est en général pourrie, on se fait souvent agresser par les oiseaux, c’est la plupart du temps illégal… Tous ces faisceaux d’interdiction et de danger font que vous arrivez là-haut dans un état de grande tension psychique que seul le cigare peut résorber. »
« Autre raison de fumer un cigare sur un stack, c’est la forme du stack en lui-même, une forme de colonne, ajoutait Sylvain Tesson. Il y a des modules pour les stacks comme pour les cigares quasiment. Il y a les petits stacks, les grands stacks… Ils sont cylindriques en général et quand ils ne le sont pas, ils ressemblent aux stries de la cendre des cigares. Lorsque vous arrivez à faire tenir assez longtemps la cendre d’un cigare bien allumé et bien consommé, vous vous rendez compte qu’elle finit par ressembler à un stack. Du stack au cigare, on ne sait plus, à la fin, si on a fumé un stack ou si on a grimpé un cigare. »
Disponible en librairie dès maintenant.
Sylvain Tesson (photographies de Thomas Goisque), Stacks, La traversée des mondes, Albin Michel
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