Image

Christian Eiroa s’associe à des chercheurs américains pour faire évoluer la production de tabac

Par La rédaction,
le 29 octobre 2026

Le fabricant de cigares a signé un accord avec Florida International University (FIU) pour développer de nouvelles méthodes de production du tabac. Objectif : améliorer les rendements et la qualité tout en réduisant les coûts. Les premières expérimentations débuteront en 2027.

 

Les méthodes de production du tabac à cigare n’ont pas évolué aussi rapidement qu’elles auraient dû. Partant de ce constat, Christian Eiroa, propriétaire de CLE Cigars vient de signer un accord avec Florida International University (FIU), à Miami, afin de lancer un programme de recherche baptisé CLE Research Lab, dans le cadre de l’Eiroa Innovation Fund.

Annoncé officiellement le 8 octobre, ce partenariat a pour objectif d’améliorer les rendements et la qualité des feuilles, tout en diminuant les investissements nécessaires et l’utilisation des ressources naturelles. « Nous espérons développer des procédés qui permettront de réduire les barrières à l’entrée dans de nombreuses régions à faibles revenus, aux États-Unis comme ailleurs dans le monde », explique Christian Eiroa.

Un séchoir dans un conteneur maritime

Le premier chantier concret concerne le séchage des feuilles. Les chercheurs souhaitent transformer un conteneur maritime de 40 pieds (env. 12 m) en séchoir à tabac, équipé de systèmes de contrôle de la température et de l’humidité, d’une ventilation et de supports pour suspendre les feuilles. « Notre principal objectif est de développer un système de séchage du tabac accessible et modulaire », explique à L’Amateur de Cigare Daphne Sugino, l’une des chercheuses impliquées dans le projet.

Jordan Prats prépare un conteneur maritime

L’idée est de proposer une alternative aux traditionnels séchoirs à tabac, dont la construction nécessite des investissements et des surfaces importantes. Facilement transportable et reproductible à partir d’équipements largement disponibles, le dispositif pourrait permettre de réduire la durée du séchage sans compromettre la qualité du tabac.

Les chercheurs analyseront notamment l’influence des conditions de température et d’humidité sur la couleur, la composition chimique et la qualité des feuilles.

Des plantations expérimentales en Floride

Le second volet du programme porte sur la culture du tabac destiné aux cigares premium dans le sud de la Floride. Des plantations expérimentales en plein air doivent débuter en janvier 2027 à Lion Farms, une exploitation agricole appartenant à Peter Fedele.

Les chercheurs veulent identifier les périodes de plantation les plus favorables, les parasites susceptibles d’affecter les cultures et les contraintes liées aux conditions environnementales locales. « Nous voulons comprendre comment les conditions de culture locales influencent le développement des plants et la qualité des feuilles », précise Daphne Sugino.

Daphne Sugino dans son laboratoire de recherche

Le projet sera dirigé par Jordan Prats, qui a déjà travaillé sur des systèmes de culture en environnement contrôlé pour le chanvre industriel à FIU. Avec Daphne Sugino, il dirige également Cultiva Miami, une entreprise spécialisée dans la recherche agronomique et le conseil aux exploitants agricoles.

La collaboration est née d’une visite de Christian Eiroa à Lion Farms, au cours de laquelle il a rencontré les chercheurs et plusieurs responsables de FIU. Les discussions ont ensuite débouché sur l’idée d’associer leur expérience scientifique au savoir-faire de CLE dans la production de tabac pour cigares premium.

Le programme est encore en phase de préparation. Les premières observations sont attendues dans le courant de l’année 2027. Les résultats concernant le séchage dépendront de la mise en service du conteneur et des premières récoltes, tandis que l’évaluation des possibilités de culture dans le sud de la Floride nécessitera plusieurs cycles de plantation.

 

Laurent Mimouni
Photo d’ouverture : Christian Eiroa entouré de Jordan Prats et Daphne Sugino, chercheurs à FIU. © Samantha Perez