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ECMA, le lobby européen du cigare fête ses 30 ans

ECMA, l’association qui représente les fabricants de cigares auprès des institutions européennes organisait le 27 septembre dernier, à Bruxelles, un dîner pour commémorer ses trente ans d’existence. L’occasion de faire le point sur l’état du marché au niveau européen.

 

Thierry Dussard, envoyé special à Bruxelles

L’Association européenne des fabricants de cigares, ECMA (European Cigar Manufacturers Association), vient de fêter ses trente ans à Bruxelles. Ses 18 membres représentent 6 000 emplois dans l’Union européenne et 40 000 autres pour le reste du monde. Soit un chiffre d’affaires de 814 millions d’euros, dont 134 millions à l’export, cigares machines et roulés à la main confondus. « Une industrie et un art de vivre qu’il faut défendre, et distinguer des fabricants de cigarettes », déclare Paul Varakas, son directeur général, portant nœud papillon pour l’occasion.

Quelques uns des pères fondateurs de ce club d’entrepreneurs étaient présents, tels Guido Vandermarliere et son fils Frederik (VCF Cigars), mais aussi Ad Wintermans (ex-Agio Balmoral). Ainsi que leurs successeurs, à commencer par Niels Frederiksen, le patron de Scandinavian Tobacco Group (STG), la plus grande entreprise de tabacs du monde, qui détient notamment Macanudo. « Notre Cohiba Spectre [vendu uniquement aux Etats-Unis, ndlr] est aussi à 100 dollars, et nous avons un petit Punch [idem] à 5 dollars, l’essentiel est de pouvoir fournir et de garantir une qualité constante », confie le PDG de STG, en faisant allusion à la nouvelle politique de prix des havanes.

75 millions de cigares faits main

Cette soirée du 27 septembre avait lieu au Musée de l’auto de Bruxelles, baptisé Autoworld, et la carrosserie fuselée de la Bugatti type 35 s’accordait parfaitement avec le Figurado d’Oliva Serie V Melanio. Autant de marques chères aux amateurs, allant du Toscano italien, à Maya Selva, représentée par son mari Philippe Thiolet, venu avec une boîte de Flor de Selva Collection 20 Toro. L’Europe consomme chaque année 9 milliards de cigares, dont 75 millions hecho a mano, un marché du fait main où les Cubains perdent du terrain… en volume. Mais pas de quoi entamer la bonne humeur de Rodrigo Crespo, co-président de Laguito 1492 (ex-Cubacigar Benelux), tant l’île des Caraïbes jouit d’une prééminence historique.

De gauche à droite : Paul Varakas (directeur général d’ECMA), Rob Zwartes (ex-STG),
Guido Vandermarliere (VCF), Ad Wintermans (ex-Agio), Gema Hidalgo (Tabacalera SLU) © DR

 

D’autant que tout le monde ne porte pas les mêmes diagnostics sur l’évolution du marché. « Nous constatons une petite baisse du cigare fait main », estime Manuel Cantalejos, vice-président de Davidoff, avec toute la prudence qui convient à un juriste. « On livre tout ce que l’on a, sans rien garder en stock », constate pour sa part Nicolas Vander Bekel, de Meerapfel Cigars, qui vient de lancer deux nouvelles lignes : Richard et Meïr, des tabacs de réserve roulés en République dominicaine dont seulement 613 boîtes par an seront disponibles dans chacune des quatre vitoles.

Des diplomates représentant les grands terroirs du cigare étaient également associés à cette soirée, et l’ambassadrice du Nicaragua, ainsi que son homologue de l’Equateur, Herman Enrique Ponce Aray, figuraient parmi les invités. Ceux-ci sont en effet indirectement concernés par la révision de la directive tabac prévue en 2024 par les instituions européennes. L’ambiance était toutefois à l’optimisme, à l’image du hollandais Peter Struber, de VCF Cigars (Oliva, J. Cortès…). « Il y a un effet post-Covid positif avec les fumeurs de cigare qui veulent profiter de la vie, dit-il, moustache à la Clark Gable et petit corona De Olifant aux lèvres. Le boom s’est d’abord senti sur les ventes en ligne, et les civettes prennent maintenant le relais ».

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