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La République dominicaine crée une indication géographique, premier pas vers l’AOP

Par La rédaction,
le 10 juillet 2026

Un cigare pourra recevoir l’IG « cigare dominicain » s’il contient au moins 90 % de tabac dominicain.

 

Avec la création du Conseil Réglementaire de l’Indication géographique (IG) « cigare dominicain », le tabac dominicain progresse vers l’obtention d’une Appellation d’origine protégée (AOP).

Comme nous le révélions en avril dernier (voir L’Amateur n° 176), l’Institut Dominicain du Tabac (INTABACO) travaillait depuis plusieurs mois à la mise en œuvre de l’IG, une étape cruciale pour renforcer la reconnaissance internationale des cigares dominicains et préserver leur authenticité.

Iván Hernández Guzmán, directeur exécutif d’INTABACO, a présidé la cérémonie d’assermentation des membres du Conseil de réglementation de l’IG. Ce Conseil, présidé par INTABACO, est composé de représentants du ministère de l’Industrie, du Commerce et des PME (MICM), de Procigar (l’association des principaux producteurs dominicains), de ProDominicana (agence gouvernementale de promotion des investissements étrangers), ainsi que des secteurs de la production, de la fabrication et de l’exportation de cigares. Le Conseil bénéficie également du soutien technique de l’Institut dominicain de la qualité (INDOCAL) et de l’Office national de la propriété industrielle (ONAPI), organismes qui l’assisteront dans les processus d’évaluation de la conformité et de certification.

Un cigare pourra recevoir l’IG s’il contient au moins 90 % de tabac dominicain, détaillait Iván Hernández Guzmán, directeur exécutif d’INTABACO à L’Amateur en avril dernier.

Le Conseil de réglementation est créé afin de défendre, de promouvoir et de superviser l’utilisation de l’indication géographique « cigare dominicain », garantissant que les produits certifiés respectent les conditions d’origine, les procédés de production et les caractéristiques organoleptiques établies pour cette désignation.

 

Encadrement juridique

La loi 20-00 de la République dominicaine sur la propriété industrielle établit dans son article 70 la définition de l’indication géographique comme « tout nom, dénomination, expression, image ou signe qui indique directement ou indirectement qu’un produit ou un service provient d’un pays, d’un groupe de pays, d’une région, d’une localité ou d’un lieu spécifique ».

En ce qui concerne l’appellation d’origine, la législation stipule qu’il s’agit d’une « indication géographique consistant en le nom d’un pays, d’une région ou d’un lieu spécifique utilisé pour désigner un produit originaire de celui-ci, dont la qualité, la réputation ou toute autre caractéristique est essentiellement attribuable à l’environnement géographique dans lequel il est produit, y compris les facteurs naturels et humains ; une appellation d’origine sera également considérée comme telle si elle consiste en un nom qui, sans être un nom géographique, identifie un produit comme originaire d’un pays, d’une région ou d’un lieu. »

Dans la loi 34-18, qui réforme l’INTABACO, l’article 7 déclare qu’il est attribué à l’INTABACO de « collaborer aux processus de demande d’enregistrement d’indications géographiques et/ou d’appellations d’origine qui sont effectués conformément aux dispositions de la loi sur la propriété industrielle » ; de même, de « promouvoir les processus d’obtention de marques de certification et d’appellation d’origine qui renforcent le positionnement du tabac dominicain sur les marchés internationaux ».

A ce jour, les cigares cubains sont les seuls dans le monde à bénéficier d’une AOP, mentionnée sur toutes les boîtes Habanos depuis 1994.

 

Daniela Cruz Gil, correspondante à Santiago (Rép. dominicaine)
Photo : prestation de serment du Conseil de régulation (© INTABACO)